Sminthurinus signatus

 (Krausbauer, 1898)

Sminthurinus signatus est un petit collembole globuleux appartenant à la famille des Katiannidae et à l’ordre des Symphypleona. Il s’agit d’une espèce épigée commune, vivant dans la litière de feuilles mortes, le sol et les mousses. Il se reconnaît notamment à son motif pigmentaire dorsal et latéral caractéristique, associant un bandeau noir qui ceinture le grand abdomen et rejoint les plaques oculaires. Le dos peut-être marqué de taches brun-orangées, irrégulières traversées par une ligne médiane incolore. Longtemps considéré comme une simple variété de Sminthurinus aureus, cette espèce a depuis été reconnue comme un taxon à part entière.

Description de l'espèce

Classification

  • Embranchement

    Arthropoda

  • Sous-Embranchement

    Hexapoda

  • Classe

    Collembola

  • Ordre

    Symphypleona

  • Famille

  • Tribu

    Katiannini

  • Genre

Taille moyenne
Entre 0.5 mm
et 0.8 mm
Habitat
Litière humide, Terre, Bois mort, Feuilles mortes
Origine
Europe (Paléarctique)
Sminthurinus signatus est une espèce commune sur les feuilles mortes tombées à l'automne
Sminthurinus signatus est une espèce commune sur les feuilles mortes tombées à l'automne

Nom scientifique

Sminthurinus signatus
Synonyme(s) :
Sminthurus aureus var. signata Krausbauer, 1898

Nom vernaculaire

En danois, l’espèce est nommée Ringbåndet løvkuglespringer (collembole globuleux des feuilles à anneaux / bandes.

Suggestion : Collembole à bandeau noir

Étymologie

L’épithètesignatus vient du latin signatus qui veut dire marqué, signé, distingué par une marque.
Sminthurinus signatus est un collembole facile à identifier sur simple photo avec son bandeau noir latéral typique sur fond jaune.
Sminthurinus signatus présente une jolie coloration typique, un bandeau latéral noir sur un corps globuleux jaune.

Quelques mots sur ce collembole

Sminthurinus signatus appartient à la famille des Katiannidae, un groupe de petits collemboles globuleux (Symphypleona) réputés pour leurs couleurs vives et leurs motifs pigmentaires souvent très marqués, à l’inverse de la discrétion des espèces cavernicoles évoquées dans d’autres fiches de ce site. Le genre Sminthurinus regroupe près d’une centaine d’espèces à travers le monde, traditionnellement divisées en deux grands groupes : le « groupe aureus », aux couleurs vives et aux motifs contrastés, dont fait partie S. signatus, et le « groupe niger », de coloration plus sombre et uniforme à l’image de Sminthurinus lawrencei.

Cette espèce de Symphypleone se distingue par un bandeau sombre qui ceinture l’ensemble du grand abdomen et rejoint la tête jusqu’aux plaques oculaires. Le fond de coloration est jaune pâle tandis que la tête est généralement plus orangée. Quelques taches ornent le dos du grand abdomen formant des marques irrégulières séparées d’une ligne médiane claire.

Les pattes et la furca sont jaunes claires tandis que l’ensemble des segments des antennes sont brun-orangés.

Le motif est très caractéristiques, mais cependant il peut-être confondus avec une espèce classique : Sminthurinus elegans. Cette espèce se distingue par la présence de bandes latérales divisées entre le haut et le bas de l’abdomen et nettement plus larges, parfois pleines. Une bande noir médiane en haut de la tête entre les deux plaques oculaires permet de séparer également les deux espèces sur la base de photos détaillées.

Morphologie :

Globuleux

Motif :

Bicolor, Ligné

Couleur dominante :

Jaune

Couleur secondaire :

Noir, orange
Statut identification
Facile
Cette espèce est souvent identifiable sur photo, mais une vérification sous loupe binoculaire peut-être nécessaire.
Statut de l'espèce
  • L’espèce est inoffensive pour l’être humain
  • Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.

    Détails morphologiques

    Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.

    L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

    Caractéristique de la cuticule

    Lisse

    En savoir plus

    La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

    Aspect des soies

    Fines et courtes

    En savoir plus

    Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

    Aspect des ocelles

    ocelles noires

    En savoir plus

    Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.

    Critères d'identification

    L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.

    Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.

    Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.

    Clé d'identification 1
    Le bandeau latérale qui ceinture l'abdomen est joint en partie caudale et s'étend jusqu'à la tête au bord des plaques oculaires
    Clé d'identification 2
    Segment antennaire (ant. 4) non subdivisé
    Clé d'identification 3
    Motif dorsal assez classique de l'espèce avec très peu de marques
    Clé d'identification 4
    Motif facial de Sminthurinus signatus avec le bandeau sombre qui se prolonge également entre les plaques oculaires

    Dimorphisme chez le mâle et la femelle

    Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.

    Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.

  • Le mâle présente une papille génitale proéminente sous le petit abdomen tandis que chez la femelle, elle est généralement moins gonflée.
  • Photo d'un mâle

    Le mâle est légèrement plus petit et prend ici la position typique pour le dépôt d’un spermatophore.

    Photo d'une femelle

    La femelle semble un peu plus grande que le mâle mais les critères de distinctions semblent très difficiles à voir sur photo. Idéalement il faudrait une vue de dessous du petit abdomen avec un focus précis sur les SAA (appendices sub-anaux)

    Observation de l'espèce

    Bannière montrant différents écosystèmes des collemboles : des milieux ouverts aux surfaces végétalisées et rocheuses.
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.
    Diversité d' écosystèmes et biotopes propices aux collemboles
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.

    Répartition géographique

    Sminthurinus signatus présente une large répartition paléarctique, avec des mentions couvrant une bonne partie de l’Europe, y compris les pays nordiques.

    Ce collembole semble relativement commun en France avec une large répartition allant du Nord au Sud. La petite taille de cette espèce et son classement historique parmi Sminthurinus aureus n’a peut être pas facilité son observation sur l’ensemble de l’hexagone. Toutefois elle est mentionnée par Thibaud (2017) en Ariège, Aude, Essonne, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées.

     

    J’ai eu l’occasion d’observer cette espèce à plusieurs reprises lors de mes prospections du Nord au Sud de la France (Pays-de-la-Loire, Nouvelle-Aquitaine, Pyrénées Orientales, Rhône-Alpes). Elle fréquente les litières humides et feuilles tombées au sol.

    Sminthurinus signatus avec un motif dorsal plus rare (variabilité de ce collembole)
    Certains Sminthurinus signatus présente un motif dorsal plus contrasté à l'image de ce sujet qui a deux lignes noires sur le dos.

    Ecosystèmes & Substrats

    Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.

    Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.

    Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.

    Ecosystème
    Forêt, Prairie humide, Jardin
    Substrat de vie
    Litière humide, Terre, Bois mort, Feuilles mortes

    Sminthurinus signatus est un collembole qui semble fréquenter principalement la litière humide de feuilles mortes, le sol et le vieux bois en décomposition. Comme la plupart des Katiannidae, il s’agit d’une espèce détritivore qui contribue à la dégradation de la matière organique végétale en décomposition en mangeant algues, champignons et bactéries.

    Le milieu forestier à l’automne et durant l’hiver offre de belles opportunités d’observations des collemboles, notamment ceux du genre Sminthurinus et précisément l’espèce présentée dans cette fiche.
    Ce collembole peut paraître minuscule sur une feuille de châtaignier, mais sa coloration jaune vif ceinturée de noir attire le regard !

    Phénologie - Quand observer cette espèce ?

    Le cycle de vie des collemboles à la surface du sol est variable selon les espèces. Ces données sont basées sur mes observations depuis décembre 2016. Elles sont données à titre indicatif en raison de facteurs variables : météos, climats, régions, et topologies de terrain. Pour en savoir plus, découvrez l’article sur la Phénologie des collemboles de France.
    Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce

    Mon observation par mois de l'espèce

    Les données de terrain disponibles (observations naturalistes françaises) mentionnent des individus observés de l’automne à l’hiver mais une mention est faite en juin (Collembola.org) ce qui indique une période d’observation à la surface du sol très large et influencée par les conditions topologiques et climatiques. L’espèce semble apprécier les litières humides. De façon générale, les espèces de litière forestière comme S. signatus peuvent être observées sur une large fenêtre temporelle dès lors que l’humidité et la température du sol restent favorables avec potentiellement un pic d’activité en automne et hiver.

    Jan.

    Fév.

    Mars

    Avr.

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept.

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Indicateur de rareté

    Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.

    Très commun
    Commun
    Peu commun
    Rare
    Très rare

    FAQ

    Comment identifier les collemboles et particulièrement le collembole Sminthurinus signatus ?
    Le genre Sminthurinus regroupe de petits collemboles inférieur au millimètre dont le motif est assez caractéristique. C’est surtout vrai pour Sminthurinus signatus qui présente un motif typique. Une bande noir ceinture le grand abdomen et se prolonge jusqu’aux plaques oculaires (noires). La coloration est majoritairement jaune et le dos est souvent incolore et plus rarement quelques taches en zigzag brun orangé peuvent être visibles.

    Cette espèce est fréquente en France dans la litière forestière humide. D’autres collemboles peuvent également partager la même niche écologique. Il convient de tenter de photographier sous tous les angles les collemboles que l’on souhaite identifier sur photo. Ce n’est pas toujours possible mais plusieurs clés de détermination ont été affinées et offres de bons résultats notamment pour les espèces aux critères très spécifiques. Une chance pour des créatures aussi petites !
    J’ai observé de petites « puces » jaunes sautant sur des feuilles mortes : de quoi s’agit-il ?
    Il s’agit très probablement de collemboles, et non de « puces » au sens strict du terme. Ces petits arthropodes sauteurs, distincts des insectes, appartiennent à la mésofaune et mesurent généralement quelques millimètres. L’observation d’individus de couleur jaune sur des feuilles mortes, associée à un comportement de saut, oriente vers le genre Sminthurinus. Les espèces Sminthurinus aureus ou Sminthurinus signatus sont notamment de bons candidats dans ce type de milieu. Ces organismes sont totalement inoffensifs et jouent un rôle important dans l’équilibre des sols et indirectement dans la décomposition de la matière organique.
    Où observer ce collembole ?
    En Europe et particulièrement en France où il occupe une large répartition géographique. Ce collembole affectionne la litière de feuilles mortes, en milieu forestier. C’est une espèce à rechercher à la surface du sol majoritairement en automne et en hiver lorsque les conditions sont humides.
    Avec quelles espèces peut-on confondre ce collembole ?
    Principalement avec Sminthurinus elegans, et différentes variétés de Sminthurinus aureus,deux espèces proches du même genre partageant le même environnement (litière humide des forêts, prairies et jardins) et une silhouette globuleuse similaire mais dont le motif pigmentaire diffère en appliquant quelques clés de détermination.

    Formes, Variétés et Sous-espèces

    Espèces proches

    Sminthurinus signatus ressemble à l’habitus de Sminthurinus elegans qui fréquente les mêmes habitats et phénologie. Le motif abdominal est différent, plusieurs critères tels que les deux lignes noires parallèles du grand abdomen, et la bande médiane noire située entre les ocelles facilite la séparation.

    Le motif général constitué de deux bandes noires parallèles sur le grand abdomen ainsi que la ligne noir médiane située entre les deux plaques oculaires permettent de séparer assez facilement les deux espèces.

    Découvrir l'espèce en vidéo

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    Crédits & remerciements

    Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.

    Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
    Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org

    Références bibliographiques

    • Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org

    • Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436

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