Pygmarrhopalites pygmaeus s.l.
(Wankel, 1860)
- Fiche publiée le :
- Dernière mise à jour : 12/07/2026
- Catégorie : Collemboles, Fiches informatives
- Famille : Arrhopalitidae
Les collemboles cavernicoles des genres Arrhopalites et Pygmarrhopalites sont assez difficiles à identifier jusqu’à l’espèce. Ils appartiennent à l’ordre des Symphypleona et à la famille des Arrhopalitidae. Ces collemboles vivent majoritairement dans les grottes et les milieux qui s’y apparentent (cavités, tunnel, sous-terrain, litière forestière). Ils présentent une morphologie globuleuse, un corps plus ou moins translucide et légèrement pigmenté d’orange. Les yeux (ocelles) sont très réduits, voire totalement absents : une conséquence classique de la vie en milieu obscur permanent (troglomorphisme).
Cette fiche est co-réalisée avec les informations transmises par Frans Janssens en 2018, qui ont permis de rapprocher ce collembole de l’espèce P. pygmaeus.
Description de l'espèce
Classification
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Embranchement
Arthropoda
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Sous-Embranchement
Hexapoda
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Classe
Collembola
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Ordre
Symphypleona
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Famille
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Sous-Famille
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Genre
Taille moyenne
Habitat
Origine
Nom scientifique
Synonyme(s) :
Nom vernaculaire
L’espèce n’a pas de nom vernaculaire français ; dans la littérature anglophone, l’espèce est simplement désignée comme pygmy globular springtail.
Suggestion : Collembole cavernicole pygmé.
Étymologie
Quelques mots sur ce collembole
Pygmarrhopalites pygmaeus est l’espèce type du genre Pygmarrhopalites, créé en 2009 par le chercheur ukrainien Robert S. Vargovitsh pour séparer le « groupe pygmaeus » au sens large de l’ancien genre Arrhopalites Börner, 1906. La famille est relativement facile à identifier. En effet, les Arrhopalitidae sont majoritairement dépigmenté et ils ont des ocelles fortement réduites. Le corps globuleux restent typiques des Collemboles de l’ordre des Symphypleones. La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes des collemboles. Chez les formes cavernicoles, elle est généralement dépourvue d’ornementation marquée, la sélection portant davantage sur les organes sensoriels (soies, trichobothries) que sur la protection contre la dessiccation ou la lumière. Les pattes et les antennes sont quasiment pas pigmentées montrant une transparence parfaite.
La scission évoquée ci-dessus repose sur des caractères chaétotaxiques précis, en particulier la disposition des trichobothries : chez Pygmarrhopalites, les trois trichobothries A, B et C forment un angle très obtus (ABC), avec des distances AB et BC égales ou AB inférieure à BC — un schéma type du groupe pygmaeus, différent de celui observé chez les Arrhopalites. D’autres caractères génériques à ces genres nécessitent l’examen sous microscope (chaetotaxie, forme du mucron, subdivision de l’article antennaire IV). Ce sont des détails très difficiles à observer sur photographie.
Une longue liste de synonymes consultables sur le Catalogue of life illustre bien la difficulté historique d’identification du groupe pygmaeus, redécrit à de multiples reprises sous des noms différents avant la clarification taxonomique du genre. Par ailleurs, les milieux cavernicoles sont fortement propices à l’endémisme (milieux clos). La fiche reprend uniquement un synonyme principal. Il est à noter que l’espèce a été décrite initialement sous le taxon : Dicyrtoma pygmaeus Wankel, 1860.
Morphologie :
Motif :
Couleur dominante :
Couleur secondaire :
Statut identification
Statut de l'espèce
Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.
Détails morphologiques
Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.
L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

Caractéristique de la cuticule
Lisse
La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

Aspect des soies
Faible pilosité
Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

Aspect des ocelles
ocelles atrophiés ou absents
Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.
Critères d'identification
L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.
Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.
L’identification sur photographie de ces petits arthropodes du sol souterrain est particulièrement délicate, bien plus que chez les espèces épigées de plus grande taille. La petite taille (moins de 1 mm), l’aspect translucide du corps et l’absence de motif coloré contrasté rendent les critères visuels externes peu fiables.
Pour maximiser les chances d’orientation (et non d’identification certaine), privilégiez une vue dorsale nette montrant la subdivision de l’article antennaire IV, une vue latérale ou caudale de la région anale, où se situent des caractères chétotaxiques importants (valves anales, soies circumanales).
Dimorphisme chez le mâle et la femelle
Comme chez de nombreux collemboles Symphypleona, un dimorphisme sexuel existe chez Pygmarrhopalites pygmaeus, notamment au niveau de la papille génitale et de sa couronne de soies circumgénitales, mais ces caractères ne sont généralement pas observables sur de simples photographies.
La population de ce collembole photographiée n’a pas permis de montrer des caractères sexuels secondaires précis.
La littérature spécialisée sur le genre reste principalement centrée sur les caractères chétotaxiques diagnostiques des espèces plutôt que sur le dimorphisme sexuel en tant que tel.
Observation de l'espèce
Répartition géographique
Pygmarrhopalites pygmaeus est décrit à l’origine d’une grotte de Moravie (actuelle République tchèque) par Wankel en 1860, ce qui en fait l’une des toutes premières espèces de collemboles cavernicoles décrites en Europe.
L’espèce présente plusieurs occurrences à travers le monde avec une large répartition en Europe dont la France, l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne.
En France, le genre Pygmarrhopalites (comme le genre Arrhopalites) est représenté par plusieurs espèces inféodées au milieu souterrain, notamment recensées dans le Catalogue des collemboles de France de J.-M. Thibaud (2017).
J’ai eu l’occasion de prospecter un tunnel abandonné dans les Alpes, présentant certaines similitudes avec une grotte naturelle mais ces lieux sont parfois à risques. Assurez-vous de la sécurité du site pour prospecter ces environnements.
Ecosystèmes & Substrats
Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.
Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.
Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.
Ecosystème
Substrat de vie
Phénologie - Quand observer cette espèce ?
Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce
✓
Mon observation par mois de l'espèce
La phénologie de l’espèce doit être nuancée : les données actuelles ne reflètent qu’une visite sur un site. Il est cependant fort probable que l’espèce soit observable sur une période bien plus large, dans la mesure où son environnement (le milieu cavernicole) offre des conditions climatiques stables tout au long de l’année (température constante, hygrométrie élevée, absence de lumière).
Jan.
Fév.
Mars
Avr.
Mai
Juin
✓
Juil.
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Note de terrain et conseils photos
Indicateur de rareté
Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.
FAQ
Formes, Variétés et Sous-espèces
Espèces proches
Le genre Pygmarrhopalites, séparé du genre Arrhopalites par Vargovitsh en 2009, regroupe aujourd’hui de nombreuses espèces cavernicoles décrites à travers le monde (Europe, Amérique du Nord, Asie). Parmi les espèces à considérer en cas de confusion possible avec P. pygmaeus :
- Arrhopalites caecus (Tullberg, 1871) — espèce type du groupe caecus, resté dans le genre Arrhopalites stricto sensu, distinguable par un patron trichobothrial différent.
- Pygmarrhopalites sericus (Gisin, 1947) — autre espèce européenne du complexe, parfois utilisée comme référence en phylogénie moléculaire du groupe.
- Pygmarrhopalites principalis, P. tauricus, P. kaprusi — espèces décrites de grottes de Crimée, très proches morphologiquement.
- Pygmarrhopalites perezi — décrite d’Espagne (Jaén), appartenant également au groupe pygmaeus stricto sensu.
Pygmarrhopalites sp reddish spots
Pygmarrhopalites principalis
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Crédits & remerciements
Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.
Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org
Références bibliographiques
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Vargovitsh, R.S. (2009). New cave Arrhopalitidae (Collembola: Symphypleona) from the Crimea (Ukraine). Zootaxa, 2047, 1–47. (Description originale du genre Pygmarrhopalites.)
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Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436