Heterosminthurus insignis f. maculatus
Bretfeld, G, 1988
- Fiche publiée le :
- Dernière mise à jour : 21/07/2026
- Catégorie : Collemboles, Fiches informatives
- Famille : Bourletiellidae
Heterosminthurus insignis f. maculatus est une forme de collembole globuleux appartenant à l’ordre des Symphypleona et à la famille des Bourletiellidae. Décrite par Bretfeld en 1988, elle illustre la forte variabilité chromatique de l’espèce : son fond de coloration va du jaune paille au marron foncé, parfois rehaussé chez le mâle d’une large bande rouge-violacé ceinturant latéralement la tête et l’abdomen.
Elle se distingue ainsi nettement de la forme principale, H. insignis, entièrement jaune. Fréquentant la litière humide des rives, la végétation basse des zones palustres et la végétation flottante, cette forme reste mal cartographiée à l’échelle européenne. Sa présence est aujourd’hui confirmée en France, notamment en Pays-de-la-Loire, en Nouvelle-Aquitaine et en Rhône-Alpes.
Description de l'espèce
Classification
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Embranchement
Arthropoda
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Sous-Embranchement
Hexapoda
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Classe
Collembola
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Ordre
Symphypleona
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Famille
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Sous-Famille
Bourletiellinae
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Genre
Taille moyenne
Habitat
Origine
Nom scientifique
Synonyme(s) :
Nom vernaculaire
Collembole maculé remarquable (suggestion)
Étymologie
Quelques mots sur ce collembole
Heterosminthurus insignis f. maculatus présente un des motifs de coloration les plus reconnaissables du genre Heterosminthurus : sur un fond jaune paille à marron très foncé, une ligne blanche médiane parcourt le dessus de l’abdomen sur environ les trois quarts de sa longueur.
Le mâle est parfois orné d’une large bande rouge-violacé qui souligne les côtés de la tête et de l’abdomen jusqu’à sa partie postérieure, donnant à certains individus une allure bicolore très impressionnante et particulièrement esthétique d’un point de vue photographique.
Ce dimorphisme, qui contraste avec la coloration plus homogène généralement observée chez la femelle, ainsi que des parades nuptiales facilement observables, en font des sujets captivants pour les naturalistes curieux et amoureux de notre belle nature.
Les antennes et les pattes restent quant à elles dans les mêmes tons que le corps, avec une légère pigmentation.
Cette forme colorée, décrite par Bretfeld en 1988, a été redécouverte en 2017 au bord d’un étang près de Cholet. L’espèce a été initialement rapprochée de la forme H. insignis f. cyaneus (Bretfeld, 1988) en 2017 par Frans Janssens.
Cependant, les prises de vue photographiques qui ont suivi ont permis de rapprocher l’identification à la forme maculatus, plus conforme à la description d’origine de Bretfeld. Cette forme cyaneus évoque une coloration plutôt bleuâtre. Peut-il s’agir de cette forme ?
Il n’est pas rare d’observer la parade nuptiale de cette espèce sur le terrain, je vous recommande la petite séquence vidéo visible sous Youtube (voir ci-dessous)
Morphologie :
Motif :
Couleur dominante :
Couleur secondaire :
Statut identification
Statut de l'espèce
Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.
Détails morphologiques
Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.
L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

Caractéristique de la cuticule
Lisse
La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

Aspect des soies
Fines et courtes
Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

Aspect des ocelles
ocelles noires
Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.
Critères d'identification
L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.
Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.
Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.
Dimorphisme chez le mâle et la femelle
Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.
Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.
Photo d'un mâle
Le mâle ici dans sa forme la plus foncée, présente de très longues antennes comme l’illustre la photo. Elle lui permette notamment de communiquer et contrôler subtilement la position de la femelle lors de la parade nuptiale. Le mâle présente 4 soies épineuses sur le front entre les deux plaques oculaires. Elles lui permettent de stimuler les organes génitaux de la femelle.
Photo d'une femelle
La femelle atteint une plus grande taille que le mâle avec 1,5 à 1,8 mm. L’abdomen est fortement rebondi et les antennes sont légèrement plus courtes et plus fines.
Note : Nayrolles (1996) précise que les sujets observés en montagne de dépasse pas 1,2 mm et que la taille maximum observée pour cette espèce est de 1,5 mm. Les mesures que j’évoque sont données à titre indicatif avec le maximum de sérieux possible mais ne relèvent pas d’une mesure précise sous loupe-binoculaire.
Observation de l'espèce
Répartition géographique
L’espèce présente une large répartition géographique en Europe et sur le pourtour méditerranéen. Cependant cette forme colorée est méconnue et semble à l’heure de la rédaction de cette fiche essentiellement observée en France.
J’ai l’occasion de photographier cette espèce à plusieurs reprises dans les Pays de la Loire et en Nouvelle-Aquitaine notamment à la réserve naturelle nationale du Pinail. J’ai également eu l’occasion de photographier la forme principale (jaune) en altitude à la Tourbière du Luitel et cette forme maculatus en plaine dans les Alpes. La prospection doit être faite aux abords des milieux aquatiques, tourbières, mares, rivières, étangs et lacs à différentes altitudes et sans aucun doute vous pourrez observer cette espèce exceptionnelle.
Ecosystèmes & Substrats
Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.
Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.
Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.
Ecosystème
Substrat de vie
L’espèce est hygrophile ! C’est-à-dire quelle a besoin d’eau ou d’une forte humidité pour son cycle de vie. Elle fréquente donc les milieux aquatiques. Elle s’observe au sol ou sur la végétation palustre (menthes aquatiques, roseaux, sphaignes, etc. …) et la végétation de surface (lentilles, nénuphars).
Phénologie - Quand observer cette espèce ?
Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce
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Mon observation par mois de l'espèce
Cette espèce s’observe toute l’année à la surface du sol et dans la végétation basse selon la topologie du terrain et les conditions climatiques.
Jan.
Fév.
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Mars
Avr.
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Mai
Juin
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Juil.
Août
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Sept.
Oct.
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Nov.
Déc.
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Note de terrain et conseils photos
L’espèce est assez facile à approcher, mais la proximité immédiate de l’eau propre à son habitat ne facilite pas toujours la tâche du photographe. L’approche par la végétation proche des rives, ou par la litière sous les roseaux, offre généralement de bonnes possibilités.
Indicateur de rareté
Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.
Formes, Variétés et Sous-espèces
Heterosminthurus insignis est une espèce sujette à une forte variabilité chromatique. Bretfeld en 1988 décrivait les formes :
- Heterosminthurus insignis f. cyaneus Bretfeld, G, 1988
- Heterosminthurus insignis f. maculatus Bretfeld, G, 1988
- Heterosminthurus insignis f. principalis Bretfeld, G, 1988
Puis la description de Frans Janssens pour isoler cette forme atypique :
- Heterosminthurus insignis f. marmoratus Janssens F, Picard J & Tiky S, 2018
Espèces proches
Heterosminthurus bilineatus est probablement l’espèce qui présente le plus de similitudes avec Heterosminthurus insignis f. maculatus sur une base de photos détaillées. Outre leur apparence proche, les deux espèces peuvent être observées ensemble partageant occasionnellement la même niche écologique. Toutefois, le motif à lignes longitudinales orangé diffère nettement du motif courant de cette forme. Le mâle présente également un habitus très différent et contribue à la séparation des deux espèces.
Bourletiella viridescens-hortensis peut présenter des spécimens avec un pattern proche dans certains cas. Les proportions du corps diffère. Le corps est plus rond et haut que chez le genre Heterosminthurus. La structure des antennes et leurs tailles diffèrent également nettement. Une tache orangé orne le milieu de la tête entre les deux taches oculaires. Enfin, ce collembole préfère les prairies sèches à humides.
Découvrir l'espèce en vidéo
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Crédits & remerciements
Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.
Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org
Références bibliographiques
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Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org
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Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436