Deuterosminthurus sulphureus

(Koch, 1840)

Deuterosminthurus sulphureus est un collembole globuleux appartenant à l’ordre des Symphypleona et à la famille des Bourletiellidae. L’espèce présente une couleur jaune soufrée qui lui a valu son nom. Ce collembole est difficile à identifier avec certitude sur la seule base de photos.

Description de l'espèce

Classification

  • Embranchement

    Arthropoda

  • Sous-Embranchement

    Hexapoda

  • Classe

    Collembola

  • Ordre

    Symphypleona

  • Famille

  • Sous-Famille

    Bourletiellinae

Taille moyenne
Entre 0.7 mm
et 1 mm
Habitat
Terre
Origine
Europe
Deuterosminthurus sulphureus est un collembole globuleux de l'ordre des Symphypleona (sulfureus)
Deuterosminthurus sulphureus est un collembole peu photographié. Ce spécimen a été observé dans le Cantal, en milieu de sous-bois bordant une prairie.

Nom scientifique

Deuterosminthurus sulphureus
Synonyme(s) :
Smynthurus sulphureus Koch, 1840

Nom vernaculaire

Collembole jaune soufre (Suggestion)

Étymologie

L’épithète sulphureus vient du latin classique sulphur (ou sulfur), qui désigne le soufre, cette substance minérale d’un jaune caractéristique. Le suffixe -eus est un adjectif latin signifiant « qui est de la nature de », « qui ressemble à ». Sulphureus signifie donc littéralement de couleur soufre.
Male Deuterosminthurus sulphureus Auvergne Cantal
Mâle Deuterosminthurus sulphureus porte bien son nom d'espèce avec cette coloration jaune unie

Quelques mots sur ce collembole

Ce collembole est orné d’une belle coloration jaune soufre. Chez le mâle l’antenne est jaune à brune et de grande taille. La morphologie est typique d’un collembole globuleux avec ici un abdomen plus long que haut.

Dans un de mes anciens dossiers (Voyage Auvergne – France) j’ai retrouvé ce spécimen unique dans ma série. Au moment de ma publication sur Flickr lieu de discussion avec Frans Janssens, j’avais tenté d’établir un diagnostic de ce qui me faisait penser à un collembole spécial qui différait de ce que j’avais déjà observé et identifié (Deuterosminturus pallipes f. repandus, Heterosminthurus insignis et Bourletiella arvalis).

J’avais donc relevé quelques points notamment les antennes assez grandes et dont la coloration ne correspondait pas à ce que j’avais l’habitude de voir chez Heterosminthurus insignis. Je pensais que les ocelles étaient non conformes au genre Deuterosminthurus, hors là j’étais dans l’erreur. Frans m’avait précisé que les ocelles C et D ici ne sont pas plus petites que les autres. Cela permettait d’écarter Heterosminthurus. La diagnose ne collait pas non plus avec Bourletiella arvalis.

J’avais donc l’impression d’avoir quelque chose de plus conforme au genre Heterosminthurus mais il s’avère que non. C’est donc par l’analyse des photos dans le détail que Frans Janssens a pu conclure sur cette identification très technique.

Je tente quand même de proposer des éléments d’identification basés sur les points vus par Frans Janssens en 2024, en espérant que nous pourrons en savoir plus sur cette espèce qui ne doit pas être si rare que ça mais dont l’identification uniquement sur photo est très aléatoire. Je n’ai à priori pas de femelles en photographies dans mes archives pour compléter la fiche.

 

Morphologie :

Globuleux

Motif :

Unicolor

Couleur dominante :

Jaune

Couleur secondaire :

orange
Statut identification
Difficile
Cette espèce est assez difficile à identifier sur photo. Un examen sous loupe binoculaire et/ou l’avis d’un spécialiste peut-être nécessaire.
Statut de l'espèce
  • L’espèce est inoffensive pour l’être humain
  • Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.

    Détails morphologiques

    Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.

    L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

    Caractéristique de la cuticule

    Lisse

    En savoir plus

    La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

    Aspect des soies

    Fines et courtes

    En savoir plus

    Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

    Aspect des ocelles

    ocelles noires

    En savoir plus

    Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.

    Critères d'identification

    L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.

    Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.

    Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.

    L’étude de l’implantation des soies, chétotaxie est très importante chez les Collemboles et ces éléments ont été relevés par Frans Janssens :

    Clé d'identification 1
    Les antennes s'éclaircissent vers l'apex et prennent une teinte marron-rougeâtre.
    Clé d'identification 2
    Abd.6 avec des soies distales élargies et
    Clé d'identification 3
    Coloration générale jaune souffre avec des antennes marron-rougeâtres.
    Clé d'identification 4
    Ant. 1+2 sans soies spiniformes et face sans soies élargies latéralement. C'est très technique, donc difficile pour le néophyte de s'y retrouver

    Dimorphisme chez le mâle et la femelle

    Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.

    Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.

  • Le mâle présente une papille génitale proéminente sous le petit abdomen tandis que chez la femelle, elle est généralement moins gonflée.
  • ,
  • L’espèce présente des soies spécifiques, caractères sexuels secondaires qui permettent parfois l’identification.
  • Photo d'un mâle

    Un des critères permettant d’identifier l’espèce sur photo est d’obtenir une vue de l’abdomen 6 avec des soies distales élargies chez le mâle.

    Observation de l'espèce

    Bannière montrant différents écosystèmes des collemboles : des milieux ouverts aux surfaces végétalisées et rocheuses.
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.
    Diversité d' écosystèmes et biotopes propices aux collemboles
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.

    Répartition géographique

    L’espèce occupe une large répartition en Europe. Plusieurs occurrences sont indiquées pour la France d’après Thibaud 2017 (Catalogue des collemboles de France) : Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Nièvre, Aude et Tarn.

    J’ai eu l’occasion d’observer cette espèce dans le Cantal, en sous-bois bordant une prairie.

    Deuterosminthurus sulphureus mâle sur la litière humide en milieu boisé
    Deuterosminthurus sulphureus mâle sur la litière humide en milieu boisé

    Ecosystèmes & Substrats

    Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.

    Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.

    Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.

    Ecosystème
    Forêt
    Substrat de vie
    Terre

    Phénologie - Quand observer cette espèce ?

    Le cycle de vie des collemboles à la surface du sol est variable selon les espèces. Ces données sont basées sur mes observations depuis décembre 2016. Elles sont données à titre indicatif en raison de facteurs variables : météos, climats, régions, et topologies de terrain. Pour en savoir plus, découvrez l’article sur la Phénologie des collemboles de France.
    Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce

    Mon observation par mois de l'espèce

    Jan.

    Fév.

    Mars

    Avr.

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept.

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Note de terrain et conseils photos

    L’espèce étant très proche de Deuterosminthurus pallipes f. repandus je suppose qu’il est facile de passer à côté de cette espèce qui diffère essentiellement par l’intensité de la couleur et probablement qu’on la photographie sans s’en rendre réellement compte. Par ailleurs, je pense que l’autre espèce étant très commune, je ne m’attarde pas toujours à les photographier. C’est probablement une erreur. Dans le cas présent, c’est un peu un coup de chance car sur l’instant je l’ai trouvé atypique, j’ai fait quelques photos de confort mais je n’ai pas poussé davantage mes observations sur l’instant. C’est bien après en épluchant le disque dur que j’ai décidé de publier les photos et demander l’avis de Frans Janssens qui a par son expertise vu un détail très spécifique.

    Indicateur de rareté

    Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.

    Très commun
    Commun
    Peu commun
    Rare
    Très rare
    Note complémentaire : Cette notion est basé sur mon observation hasardeuse de ce mâle mais des collectes de Nayrolles notamment ont montré des populations plus importantes.

    FAQ

    Pourquoi est-il si difficile d'identifier le collembole Deuterosminthurus sulphureus ?
    La couleur est effectivement un premier indice, mais elle est partagée par d’autres espèces du même habitat notamment Deuterosminthurus pallipes f. repandus dans sa forme jaune, très commune. Ce qui distingue D. sulphureus repose sur des critères microscopiques : la structure des soies sur l’abdomen 6, la coloration et la forme des antennes, ou encore l’absence de soies spiniformes sur les segments antennaires 1 et 2. Ces détails relèvent de la chétotaxie, une discipline qui exige idéalement une loupe binoculaire ou l’œil exercé d’un spécialiste. Une belle photo ne suffit donc pas toujours surtout pour des organismes aussi petit. Pour rappel cette espèce fait environ 0,8 à 1 mm. Cela exige une série de vues précises sous différents angles, et encore, le résultat reste incertain.
    Comment un photographe naturaliste peut-il contribuer concrètement à la connaissance scientifique d'une espèce aussi peu documentée ?
    Cette fiche en est la démonstration directe. En publiant ses photos sur une plateforme comme Flickr et en engageant une discussion avec un biologiste spécialiste, ici le regretté Frans Janssens de l’Université d’Anvers. Cela a permis une identification qui n’aurait peut-être jamais eu lieu autrement lorsque la démarche pousse à définir des clés d’identification sur spécimen vivant. C’est une force et une faiblesse pour la science mais une contribution utile pour faire vivre la connaissance participative de la biodiversité. Le spécimen photographié dans le Cantal constitue une occurrence géographique potentiellement nouvelle, non répertoriée dans le catalogue de Thibaud (2017) pour ce département et peut être le début d’une méthode d’identification de ce taxon en particulier. Bien sûr cela est valable pour bon nombre d’espèce chez les collemboles et plus généralement pour la faune et la flore.

    Formes, Variétés et Sous-espèces

    Espèces proches

    L’espèce très proche avec laquelle il est facile de confondre l’espèce est Deuterosminthurus pallipes repandus. La forme jaune de cette est espèce très commune fréquente potentiellement le même habitat et présente la même phénologie (Printemps / été).
    L’espèce Heterosminthurus insignis pourrait également se confondre mais son habitat aquatique et l’implantation des ocelles (oeil) permet de les séparer.
    Enfin, Bourletiella arvalis, possède un corps très arrondie et la structure des antennes est très différentes, plus courte et moins segmentée.

    L’espèce étant vraiment très proche, il sera difficile de distinguer les deux sur simples photos. Il faut obtenir le maximum de photos des mâles avec des vues latérales, dorsales, caudales en espérant avoir les détails des soies sur l’abdomen 6 et le détail des antennes et de la tête.
    L’espèce est également très proche en apparence. D’ailleurs, j’ai cru au départ avoir photographié cette espèce ou un proche cousin, mais cette espèce est plus inféodée aux milieux aquatiques et à la végétation des berges. Cela dit, ce n’est pas suffisant pour être sûr de les séparer. Je pense que c’est toutefois intéressant, il faut observer une ressemblance légère avec le mâle H. insignis et quand même le confronter à D. pallipes F. repandus. En regardant de plus près, la forme de la tête, la structure des antennes diffèrent légèrement. Par ailleurs, une femelle H. insignis sera tout de suite plus facile à séparer de l’espèce.

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    Crédits & remerciements

    Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.

    Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
    Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org

    Références bibliographiques

    • Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org

    • Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436

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