Dicyrtomina ornata f. couloni
(Nicolet, 1842)
- Fiche publiée le :
- Dernière mise à jour : 30/07/2026
- Catégorie : Collemboles, Fiches informatives
- Famille : Dicyrtomidae
Dicyrtomina ornata f. couloni est un collembole globuleux appartenant à l’ordre des Symphypleona et à la sous-famille des Dicyrtominae. Ce collembole est très commun en Europe et notamment en France où l’on peut l’observer durant les périodes fraiches et humides (automne, hiver, printemps) à la surface des litières en sous-bois. Sa coloration est multicolore avec un motif dorsal composé de lignes et de taches. La séparation de la forme couloni du ‘vrai » ornata est expliqué plus en détail dans la fiche de Dicyrtomina ornata.
Description de l'espèce
Classification
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Embranchement
Arthropoda
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Sous-Embranchement
Hexapoda
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Classe
Collembola
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Ordre
Symphypleona
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Famille
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Sous-Famille
Dicyrtominae
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Genre
Taille moyenne
Habitat
Origine
Nom scientifique
Synonyme(s) :
Nom vernaculaire
Collembole orné de Coulon (suggestion)
Étymologie
Quelques mots sur ce collembole
Dicyrtomina ornata f. couloni présente un abdomen fortement rebondi. Chez les Dicyrtominae, le grand abdomen résulte de la fusion des segments abdominaux 4 et 5. La coloration est très variable pour cette forme, mais se distingue de la « véritable » forme ornata par un critère précis : le patch caudal sombre, généralement rectangulaire, ne rejoint pas le motif dorsal. Une bande plus claire, de largeur variable, fait office de séparation. La coloration varie du jaune au rouge-violacé.
Le patch caudal est noir et généralement rectangulaire, mais il peut s’étendre en partie dorsale sans toutefois être relié au motif dorsal. Selon les sujets, la séparation tient parfois à un fil : vous pourrez ainsi constater que cette clé de détermination est difficile à appliquer sur l’image de la femelle illustrant le chapitre sur le dimorphisme, à découvrir plus bas.
La séparation de la forme couloni résulte d’un travail de classification entrepris par le regretté Frans Janssens. Plusieurs sous-formes (sf. stachi, sf. 4, sf. 5 et sf. 6) sont illustrées sur Collembola.org. Frans Janssens évoquait malheureusement l’existence d’une dizaine de sous-formes chez couloni, présentant chacune un motif « type » non détaillé à ma connaissance. Cette classification fine reste de toute façon difficile à appliquer pour le naturaliste amateur et le photographe. Il faut garder à l’esprit qu’il y a une forte variabilité mais que les indications et clés transmises sur les fiches peuvent permettre d’au moins identifier à l’espèce. Car parmi les Dicyrtomina spp. il y a de quoi faire.
Morphologie :
Motif :
Couleur dominante :
Couleur secondaire :
Statut identification
Statut de l'espèce
Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.
Détails morphologiques
Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.
L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

Caractéristique de la cuticule
Lisse
La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

Aspect des soies
Longues et fines
Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

Aspect des ocelles
ocelles noires
Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.
Critères d'identification
L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.
Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.
Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.
Dimorphisme chez le mâle et la femelle
Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.
Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.
Photo d'un mâle
Généralement le mâle est plus foncé que la femelle. On aperçoit ici nettement la position de la papille génitale gonflée à gauche du petit abdomen (abd. 6). Pour rappel, l’abdomen 5 est fusionné avec le grand abdomen (abd. 4).
Le mâle présente une joue le plus souvent foncé comme ici mais c’est un critère perfectible selon le type de coloration générale du collembole. Le contre exemple est à voir dans la fiche de Dicyrtomina ornata.
Observation de l'espèce
Répartition géographique
Dicyrtomina ornata f. couloni est originaire de la région ouest paléarctique, comme la forme type. Elle est largement répandue en Europe et notamment en France, où elle est considérée comme très commune.
Note personnelle sur sa localisation
Dicytomina ornata et particulièrement la forme couloni est très facile à observer du Nord au sud et de l’Est à l’Ouest en France. J’ai eu l’opportunité de la photographier dans plusieurs régions de France à différentes périodes de l’année. La typologie et le climat déterminent la présence de l’espèce qui semble sensible à la dessiccation. Elle privilégie donc des périodes de temps frais et humide.
Ecosystèmes & Substrats
Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.
Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.
Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.
Ecosystème
Substrat de vie
Dicyrtomina ornata est une espèce considérée Sylvicole. En effet, on la rencontre dans les forêt mais également dans les jardins d’ornements et proches des haies bocagères où une litière de feuilles mortes, brindilles s’accumulent. Le vieux bois constituant le mobilier d’un jardin ou les terrasses sont propices à l’observation de l’espace.
Phénologie - Quand observer cette espèce ?
Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce
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Mon observation par mois de l'espèce
L’espèce s’observe tout au long de l’année pour peu que le temps soit frais et humide.
Jan.
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Avr.
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Mai
Juin
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Nov.
Déc.
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Note de terrain et conseils photos
Indicateur de rareté
Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.
FAQ
La forme (forma, abrégé « f. ») pour désigner un variant morphologique récurrent au sein d’une espèce, sans lien avec une répartition géographique ou une population isolée précise. C’est le cas de couloni, traité comme une forme de l’espèce principale Dicyrtomina ornata.
La variété (varietas, abrégé « var. ») peut-être utilisé pour indiquer une répartition géographique, une localité précise ou une caractéristique de chromie précise. (Exemple : Dicyrtoma fusca var. « rufescens » La distinction d’usage entre les termes « forme » et « variété » n’est pas toujours claire et varie selon l’auteur.
L’aberration (abrégé « ab. ») pour désigner un variant plus rare, souvent perçu comme une anomalie ponctuelle plutôt qu’un motif récurrent et stable au sein de la population (exemple avec le collembole Allacma fusca ab. usignata.
l’éco-variant (ecovariant ou variant écophénotypique, abrégé « ecov. ») est un terme employé pour désigner une variation d’apparence directement induite par les conditions du milieu (température, humidité, alimentation…) plutôt que par une origine génétique stable. Une distinction importante, car elle pose la question de savoir si un motif donné reflète une différence héréditaire ou une simple réponse plastique de l’individu à son environnement. Exemple avec ce collembole : Sminthurus viridisecov. nigromaculatus.
C’est précisément ce flou qui explique la complexité rencontrée avec Dicyrtomina ornata f. couloni : Nicolet l’avait initialement décrite comme une espèce à part entière, avant qu’elle ne soit reléguée en synonyme, puis restaurée par Frans Janssens comme simple forme. C’est un parcours qui illustre bien à quel point ces catégories restent affaire d’interprétation plus que de règles strictes.
Formes, Variétés et Sous-espèces
Dicyrtomina ornata f. meridionalis
Dicyrtomina ornata f. labellei
Espèces proches
Le genre Dicyrtomina Börner, 1903 (famille Dicyrtomidae) compte plusieurs espèces en Europe qui se distinguent de D. ornata f. couloni :
- Dicyrtomina minuta (Fabricius, 1783) : la coloration est jaune unie, la tache postérieure est noire et de forme plus ou moins rectangulaire. Elle s’étend sur toute la hauteur grand abdomen.
- Dicyrtomina saundersi (Lubbock, 1862) : motif dorsal parfois en croix. Les flancs de l’abdomen sont souvent entièrement noir chez le mâle tandis que la femelle est nettement plus claire.
- Dicyrtomina dorsolineata (Latzel, 1917) : déjà présentée sur ce site, reconnaissable à ses bandes rouges caractéristiques.
- Dicyrtomina signata Stach, 1919 : coloration jaune avec flancs jaune ou orangé. Une petite tache sombre marque le postérieur.
- Dicyrtomina flavosignata (Tullberg, 1871) : cette espèce se distingue par l’absence de tache postérieure.
- Dicyrtomina violacea (Krausbauer, 1898) : l’espèce présente un abdomen quasi uniforme violet avec une ligne médiane jaune sans autre motif dorsal. La tête est également plus claire que l’abdomen. Un patch noir rectangulaire orne le postérieur. Il se confond facilement avec les D. ornata aux motifs les plus sombres.
En savoir plus
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Crédits & remerciements
Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.
Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org
Références bibliographiques
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Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org
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Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436