Dicyrtomina ornata f. couloni

(Nicolet, 1842)

Dicyrtomina ornata f. couloni est un collembole globuleux appartenant à l’ordre des Symphypleona et à la sous-famille des Dicyrtominae. Ce collembole est très commun en Europe et notamment en France où l’on peut l’observer durant les périodes fraiches et humides (automne, hiver, printemps) à la surface des litières en sous-bois. Sa coloration est multicolore avec un motif dorsal composé de lignes et de taches. La séparation de la forme couloni du ‘vrai » ornata est expliqué plus en détail dans la fiche de Dicyrtomina ornata.

Description de l'espèce

Classification

  • Embranchement

    Arthropoda

  • Sous-Embranchement

    Hexapoda

  • Classe

    Collembola

  • Ordre

    Symphypleona

  • Famille

  • Sous-Famille

    Dicyrtominae

  • Genre

Taille moyenne
Entre 1.2 mm
et 2 mm
Habitat
Litière humide, Terre, Rocaille (lapidicole), Bois mort (saproxylique), Feuilles mortes (saprophile)
Origine
Paléarctique
Vue dorsale de Dicyrtomina ornata form couloni avec motif typique représentant une sorte de libellule
Le motif particulier de ce spécimen est assez récurrent. La ligne centrale est entrecoupée de deux rectangles. Le patch sombre caudale est entièrement entouré de jaune et isolé du motif dorsal.

Nom scientifique

Dicyrtomina ornata f. couloni
Synonyme(s) :
Smynthurus coulonii Nicolet, 1842

Nom vernaculaire

Collembole orné de Coulon (suggestion)

Étymologie

L’épithète couloni (à l’origine coulonii) rend probablement hommage au naturaliste Suisse Paul Louis Coulon (1804-1894) mais cette information sûre sans avoir la description originale de Nicolet.
Dicyrtomina ornata form couloni pale
Dicyrtomina ornata form couloni pale

Quelques mots sur ce collembole

Dicyrtomina ornata f. couloni présente un abdomen fortement rebondi. Chez les Dicyrtominae, le grand abdomen résulte de la fusion des segments abdominaux 4 et 5. La coloration est très variable pour cette forme, mais se distingue de la « véritable » forme ornata par un critère précis : le patch caudal sombre, généralement rectangulaire, ne rejoint pas le motif dorsal. Une bande plus claire, de largeur variable, fait office de séparation. La coloration varie du jaune au rouge-violacé.

Le patch caudal est noir et généralement rectangulaire, mais il peut s’étendre en partie dorsale sans toutefois être relié au motif dorsal. Selon les sujets, la séparation tient parfois à un fil : vous pourrez ainsi constater que cette clé de détermination est difficile à appliquer sur l’image de la femelle illustrant le chapitre sur le dimorphisme, à découvrir plus bas.

La séparation de la forme couloni résulte d’un travail de classification entrepris par le regretté Frans Janssens. Plusieurs sous-formes (sf. stachi, sf. 4, sf. 5 et sf. 6) sont illustrées sur Collembola.org. Frans Janssens évoquait malheureusement l’existence d’une dizaine de sous-formes chez couloni, présentant chacune un motif « type » non détaillé à ma connaissance. Cette classification fine reste de toute façon difficile à appliquer pour le naturaliste amateur et le photographe. Il faut garder à l’esprit qu’il y a une forte variabilité mais que les indications et clés transmises sur les fiches peuvent permettre d’au moins identifier à l’espèce. Car parmi les Dicyrtomina spp. il y a de quoi faire.

Morphologie :

Globuleux

Motif :

Multicolor

Couleur dominante :

Jaune, Rouge

Couleur secondaire :

Violet, Noir, orange
Statut identification
Cette espèce est souvent identifiable sur photo, mais une vérification sous loupe binoculaire peut-être nécessaire.
Statut de l'espèce
  • L’espèce est inoffensive pour l’être humain
  • Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.

    Détails morphologiques

    Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.

    L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

    Caractéristique de la cuticule

    Lisse

    En savoir plus

    La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

    Aspect des soies

    Longues et fines

    En savoir plus

    Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

    Aspect des ocelles

    ocelles noires

    En savoir plus

    Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.

    Critères d'identification

    L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.

    Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.

    Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.

    Clé d'identification 1
    Le patch caudale est entrecoupé de partie clair et ne joint pas directement le motif dorsal.
    Clé d'identification 2
    Motif dorsal d'un mâle à la coloration foncé mais avec cette petite bande claire qui sépare le patch du motif dorsal.
    Clé d'identification 3
    Motif dorso-caudale de la forme couloni
    Clé d'identification 4
    Vue sur les segments antennaires de l'espèce. Le segment ant.4 est plus petite que le segment ant. 3. La coloration varie du jaune vers le violet à une coloration uniforme violacée selon les spécimens.

    Dimorphisme chez le mâle et la femelle

    Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.

    Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.

  • La coloration est variable entre le mâle et la femelle.
  • ,
  • Le mâle présente une papille génitale proéminente sous le petit abdomen tandis que chez la femelle, elle est généralement moins gonflée.
  • Photo d'un mâle

    Généralement le mâle est plus foncé que la femelle. On aperçoit ici nettement la position de la papille génitale gonflée à gauche du petit abdomen (abd. 6). Pour rappel, l’abdomen 5 est fusionné avec le grand abdomen (abd. 4).

    Le mâle présente une joue le plus souvent foncé comme ici mais c’est un critère perfectible selon le type de coloration générale du collembole. Le contre exemple est à voir dans la fiche de Dicyrtomina ornata.

    Photo d'une femelle

    Chez les femelles, la joue supérieure est claire, tandis que la joue inférieure est pigmentée dans la majorité des cas mais là encore une certaine variabilité existe, probablement selon le stade de maturité de l’espèce et l’intensité de la coloration générale.

    Observation de l'espèce

    Bannière montrant différents écosystèmes des collemboles : des milieux ouverts aux surfaces végétalisées et rocheuses.
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.
    Diversité d' écosystèmes et biotopes propices aux collemboles
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.

    Répartition géographique

    Dicyrtomina ornata f. couloni est originaire de la région ouest paléarctique, comme la forme type. Elle est largement répandue en Europe et notamment en France, où elle est considérée comme très commune.

    Note personnelle sur sa localisation

    Dicytomina ornata et particulièrement la forme couloni est très facile à observer du Nord au sud et de l’Est à l’Ouest en France. J’ai eu l’opportunité de la photographier dans plusieurs régions de France à différentes périodes de l’année. La typologie et le climat déterminent la présence de l’espèce qui semble sensible à la dessiccation. Elle privilégie donc des périodes de temps frais et humide.

    Dicyrtomina ornata couloni
    C'est une espèce très commune et plaisante à photographier pour révéler la diversité des motifs et couleurs observée de l'espèce

    Ecosystèmes & Substrats

    Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.

    Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.

    Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.

    Ecosystème
    Forêt (sylvicole), Prairie humide (hygrophile), Zone rocailleuse (saxicole), Jardin (anthropisé)
    Substrat de vie
    Litière humide, Terre, Rocaille (lapidicole), Bois mort (saproxylique), Feuilles mortes (saprophile)

    Dicyrtomina ornata est une espèce considérée Sylvicole. En effet, on la rencontre dans les forêt mais également dans les jardins d’ornements et proches des haies bocagères où une litière de feuilles mortes, brindilles s’accumulent. Le vieux bois constituant le mobilier d’un jardin ou les terrasses sont propices à l’observation de l’espace.

    Les feuilles mortes tombées au sol ou sur le plateau d’une veille souche offre un support de choix pour les collemboles d’automne appréciant le temps frais et humide.
    Ce collembole s’observe sur la litière et le vieux bois mort où se développe bactéries, algues et mousses par temps frais et humide.

    Phénologie - Quand observer cette espèce ?

    Le cycle de vie des collemboles à la surface du sol est variable selon les espèces. Ces données sont basées sur mes observations depuis décembre 2016. Elles sont données à titre indicatif en raison de facteurs variables : météos, climats, régions, et topologies de terrain. Pour en savoir plus, découvrez l’article sur la Phénologie des collemboles de France.
    Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce

    Mon observation par mois de l'espèce

    L’espèce s’observe tout au long de l’année pour peu que le temps soit frais et humide.

    Jan.

    Fév.

    Mars

    Avr.

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept.

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Note de terrain et conseils photos

    Ce collembole est l’espèce idéale pour débuter la photographie de ces micro-arthropodes, et sa coloration la rend particulièrement esthétique pour les prises de vue. Elle est facile à trouver et à approcher. Comme toujours, il faut veiller à limiter les mouvements brusques entraînant des vibrations du support, mais elle montre une bonne tolérance en prenant la « pose ». Profitez des moments où l’espèce s’alimente : elle est alors calme et quasiment statique, ce qui permet de soigner ses compositions et de l’immortaliser sous tous les angles. Cela facilite l’identification une fois devant l’ordinateur.

    Indicateur de rareté

    Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.

    Très commun
    Commun
    Peu commun
    Rare
    Très rare

    FAQ

    Quelle la différence entre Dicyrtomina ornata et Dicyrtomina ornata f. couloni ?
    Nicolet, auteur de la description originale, a décrit Dicyrtomina ornata et D. couloni comme deux espèces distinctes en 1842. Toutefois, couloni a été rétrogradé au rang de synonyme de D. ornata. C’est en reprenant notamment les deux dessins originaux de Nicolet, dans le cadre d’un travail de classification des différents motifs récurrents de l’espèce, que Frans Janssens avait décidé de rétablir couloni non pas en tant qu’espèce mais d’une forme de D. ornata. La distinction des deux formes se résume par la clé de détermination suivante : chez ornata le patch caudale rejoint le motif dorsal sans séparation tandis que chez couloni le patch caudal est toujours séparé du motif dorsal.
    Qu'est-ce qui détermine chez les collemboles une forme, variété, aberration ou éco-variante ?
    Ces quatre termes désignent des catégories dites infrasubspécifiques. C’est-à-dire situées en dessous du rang de sous-espèce dans la classification zoologique. Contrairement à l’espèce et à la sous-espèce, qui sont régies par le Code international de nomenclature zoologique (CINZ), les rangs de « forme », « variété », « aberration » ou « éco-variant » n’ont aucune valeur taxonomique officielle chez les animaux : ce sont des désignations informelles, laissées à l’appréciation de l’auteur qui les emploie. Dans la pratique, on utilise généralement :

    La forme (forma, abrégé « f. ») pour désigner un variant morphologique récurrent au sein d’une espèce, sans lien avec une répartition géographique ou une population isolée précise. C’est le cas de couloni, traité comme une forme de l’espèce principale Dicyrtomina ornata.

    La variété (varietas, abrégé « var. ») peut-être utilisé pour indiquer une répartition géographique, une localité précise ou une caractéristique de chromie précise. (Exemple : Dicyrtoma fusca var. « rufescens » La distinction d’usage entre les termes « forme » et « variété » n’est pas toujours claire et varie selon l’auteur.

    L’aberration (abrégé « ab. ») pour désigner un variant plus rare, souvent perçu comme une anomalie ponctuelle plutôt qu’un motif récurrent et stable au sein de la population (exemple avec le collembole Allacma fusca ab. usignata.

    l’éco-variant (ecovariant ou variant écophénotypique, abrégé « ecov. ») est un terme employé pour désigner une variation d’apparence directement induite par les conditions du milieu (température, humidité, alimentation…) plutôt que par une origine génétique stable. Une distinction importante, car elle pose la question de savoir si un motif donné reflète une différence héréditaire ou une simple réponse plastique de l’individu à son environnement. Exemple avec ce collembole : Sminthurus viridisecov. nigromaculatus.

    C’est précisément ce flou qui explique la complexité rencontrée avec Dicyrtomina ornata f. couloni : Nicolet l’avait initialement décrite comme une espèce à part entière, avant qu’elle ne soit reléguée en synonyme, puis restaurée par Frans Janssens comme simple forme. C’est un parcours qui illustre bien à quel point ces catégories restent affaire d’interprétation plus que de règles strictes.

    Formes, Variétés et Sous-espèces

    Dicyrtomina ornata f meridionalis

    Dicyrtomina ornata f. meridionalis

    Cette forme présente un patch caudale partiel avec des lignes horizontales irrégulières sur la partie haute et une postérieure non pigmenté et des flancs rougeâtres bien marqués.
    Dicyrtomina ornata form labellei Maynard, 1951

    Dicyrtomina ornata f. labellei

    Cette forme pourrait être une version intermédiaire entre D. minuta et D. ornata. Un collembole entièrement jaune, une ornementation modérée sur les flancs de l’abdomen, un patch noir rectangulaire plus haut que large. Une tête sans pigmentation.

    Espèces proches

    Le genre Dicyrtomina Börner, 1903 (famille Dicyrtomidae) compte plusieurs espèces en Europe qui se distinguent de D. ornata f. couloni :

    • Dicyrtomina minuta (Fabricius, 1783) : la coloration est jaune unie, la tache postérieure est noire et de forme plus ou moins rectangulaire. Elle s’étend sur toute la hauteur grand abdomen.
    • Dicyrtomina saundersi (Lubbock, 1862) : motif dorsal parfois en croix. Les flancs de l’abdomen sont souvent entièrement noir chez le mâle tandis que la femelle est nettement plus claire.
    • Dicyrtomina dorsolineata (Latzel, 1917) : déjà présentée sur ce site, reconnaissable à ses bandes rouges caractéristiques.
    • Dicyrtomina signata Stach, 1919 : coloration jaune avec flancs jaune ou orangé. Une petite tache sombre marque le postérieur.
    • Dicyrtomina flavosignata (Tullberg, 1871) : cette espèce se distingue par l’absence de tache postérieure.
    • Dicyrtomina violacea (Krausbauer, 1898) : l’espèce présente un abdomen quasi uniforme violet avec une ligne médiane jaune sans autre motif dorsal. La tête est également plus claire que l’abdomen. Un patch noir rectangulaire orne le postérieur. Il se confond facilement avec les D. ornata aux motifs les plus sombres.
    L’espèce se caractérise par la présence d’un petit patch noir situé à l’arrière du corps, ainsi que par une zone dorso-caudale dépourvue de motif distinct. Par ailleurs, D. signata peut se présenter entièrement jaune, avec quelques ornements plus ou moins marqués sur les flancs de l’abdomen.
    L’espèce se distingue par le motif général du mâle mais également par le patch sombre postérieur qui est constitué de lignes horizontales irrégulières. L’espèce présente un changement de couleur net à la jonction entre le second segment antennaire (pâle) et le troisième (sombre).

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    Crédits & remerciements

    Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.

    Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
    Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org

    Références bibliographiques

    • Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org

    • Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436

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