Stenacidia violacea

(Reuter, 1881)

Stenacidia violacea est un collembole globuleux de l’ordre des Symphypleona, appartenant à la famille des Sminthurididae. L’espèce est de petite taille. Le mâle mesure environ 0,5 mm et la femelle adulte 0,7 à 0,8 mm.

Le mâle est particulièrement caractéristique et facilement reconnaissable, notamment sur photographie. L’espèce présente une répartition mondiale et a été observée en France dans diverses régions, aussi bien en plaine qu’en altitude, environ 1 400 mètres.

Description de l'espèce

Classification

  • Embranchement

    Arthropoda

  • Sous-Embranchement

    Hexapoda

  • Classe

    Collembola

  • Ordre

    Symphypleona

  • Famille

  • Sous-Famille

    Sminthuridinae

  • Genre

Taille moyenne
Entre 0.5 mm
et 0.8 mm
Habitat
Litière humide, Terre, chemin pierreux
Origine
Holarctique, Europe, Amérique du Nord, Asie Centrale, Méditerranée
Le collembole Stenacidia violacea mâle bicolore jaune et rouge
Le mâle Stenacidia violacea se reconnait facilement par son habitus et les deux rangées de soies caudales qui forment un peigne

Nom scientifique

Stenacidia violacea
Synonyme(s) :
Sminthurus violaceus Reuter, 1881

Étymologie

Le nom d’espèce violacea vient du latin violaceus et veut dire violet, de couleur violette.

Quelques mots sur ce collembole

Cette espèce est relativement commune en France et dans le monde, bien que sa petite taille la rende difficile à observer. La coloration est généralement violette, en particulier chez les femelles adultes.

Les populations présentent toutefois une certaine variabilité : certains individus sont entièrement violets, d’autres combinent violet et jaune dans des proportions variables, d’autres encore sont quasi entièrement jaunes.

Malgré cette variabilité chromatique, l’espèce s’identifie assez facilement à partir de photographies détaillées du mâle, dont la morphologie est très caractéristique.

Elle offre par ailleurs de belles opportunités d’observation pour les naturalistes et pour les macrophotographes. L’observation de ses parades nuptiales constitue un spectacle particulièrement fascinant.

Morphologie :

Globuleux

Motif :

Bicolor

Couleur dominante :

Jaune, Rouge, Violet

Couleur secondaire :

Rouge, Jaune
Statut identification
Facile
Cette espèce est souvent identifiable sur photo, mais une vérification sous loupe binoculaire peut-être nécessaire.
Statut de l'espèce
  • L’espèce est inoffensive pour l’être humain
  • Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.

    Détails morphologiques

    Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.

    L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

    Caractéristique de la cuticule

    Lisse

    En savoir plus

    La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

    Aspect des soies

    Longues et fines

    En savoir plus

    Les soies sont des filaments composées de chitine. leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie.

    Aspect des ocelles

    ocelles noires

    En savoir plus

    Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères important dans leur identification.

    Critères d'identification

    L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.

    Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.

    Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.

    Clé d'identification 1
    Lles deux rangés de soies bilatérales sur la partie postérieur de l'abdomen sont une caractéristique typique de l'espèce.
    Vue des segments antennaires
    Les antennes du mâles possèdent un mécanisme de préhension appelé en anglais (grasping mechanism) au niveau de Ant. 2 et Ant. 3 qui permet au mâle de s'accrocher aux antennes de la femelle pour la parade.
    Vue latérale
    Femelle subadulte présentant une coloration rouge et jaune. On remarque également les Botriotricha A, B et C et la membrane (tunica) sur l'ongle antérieur (inguis)
    Vue latérale
    Détail sur le mucro étroit et mince avec absence de lamelle antérieure

    Dimorphisme chez le mâle et la femelle

    Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.

    Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.

    Outre le dimorphisme bien marqué entre mâle et femelle présenté ci-dessous, la parade nuptiale de Stenacidia violacea n’a été documentée pour la première fois qu’en 2022, grâce aux observations et enregistrements vidéo de Mirella Zeeders, analysés et publiés par Frans Janssens. Comme chez tous les Sminthurididae, le mâle possède des antennes modifiées avec des crochets de préhension, lui permettant de saisir les antennes de la femelle pour initier la parade nuptiale.

    La femelle soulève alors le mâle et se déplace avec lui accroché à ses antennes. C’est alors qu’un petit rituel débute. Quelques mouvements des pattes pour la toilette et il lui envoie ensuite des signaux en agitant rapidement ses pattes antérieures et médianes.

    Il poursuit en faisant vibrer ses quatrièmes segments antennaires au moment du dépôt du spermatophore. La femelle passe alors par-dessus le mâle pour le récupérer, avant que les deux individus se séparent.

    Si vous êtes curieux, je vous invite à découvrir tous les détails sur : https://www.collembola.org/publicat/stenacid.htm

  • Le mâle possède un mécanisme de préhension au niveau des antennes. Il est identifiable par la présence de crochets.
  • ,
  • L’espèce présente une taille différente entre les deux sexes.
  • ,
  • L’espèce présente des soies spécifiques, caractères sexuels secondaires qui permettent parfois l’identification.
  • Photo d'un mâle

    Le mâle de Stenacidia violacea présente une morphologie caractéristique : son abdomen est presque de forme rectangulaire, et ses soies postérieures sont longues et disposées en deux rangées.

    Les transformations des segments antennaires Ant. III et Ant. IV sont typiques de la famille des Sminthurididae. Chez cette famille, le mâle a développé une spécificité : des crochets qui lui permettent de s’agripper aux antennes de la femelle lors des parades nuptiales. Cette adaptation lui permet de guider la femelle vers le spermatophore déposé à proximité du lieu de la parade. Chez le mâle Stenacidia violacea, ils sont particulièrement spectaculaires : chaque espèce ayant développée sa propre clé de compatibilité !

    Photo d'une femelle

    Cette femelle de Stenacidia violacea justifie pleinement son nom : elle arbore une teinte violette uniforme et élégante. Son abdomen est fortement rebondi et nettement plus arrondi que celui du mâle.

    Chez les deux sexes, la couleur peut varier : les mâles comme les femelles peuvent être entièrement violets, uniformément jaunes, ou bicolores (jaune et rouge). La couleur ne constitue pas un critère pour distinguer les mâles des femelles mais les femelles juvéniles et subadultes observées étaient toutes bicolores.

    Observation de l'espèce

    Bannière montrant différents écosystèmes des collemboles : des milieux ouverts aux surfaces végétalisées et rocheuses.
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.
    Diversité d' écosystèmes et biotopes propices aux collemboles
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.

    Répartition géographique

    Stenacidia violacea a été décrite pour la première fois par Reuter en 1881, à partir de spécimens collectés en Finlande. L’espèce est aujourd’hui considérée comme holarctique, ce qui lui confère une vaste aire de distribution. Elle est particulièrement présente en Amérique du Nord et en Europe des pays nordiques jusqu’en Espagne et Portugal. L’espèce est également connue d’Asie centrale et occidentale. Aujourd’hui l’espèce est considérée comme cosmopolite.

    En France, elle est connue de plusieurs régions mais les données d’observations restent encore limitées pour cette espèce, en raison de sa petite taille et de la difficulté à la détecter sur le terrain. Sa répartition réelle est très probablement plus étendue.

    Note personnelle sur sa localisation

    J’ai eu l’occasion d’observer cette espèce à plusieurs reprises dans quelques régions de France (Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Alpes, Pyrénées) en plaine et en montagne à une altitude d’environ 1400 mètres. L’espèce occupe la surface du substrat humide (terre, cailloux, gravier, sable). Je ne l’ai par contre jamais observée sur la végétation basse.

    Ecosystèmes & Substrats

    Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.

    Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.

    Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.

    Ecosystème
    Prairie humide, Zone rocailleuse, Jardin
    Substrat de vie
    Litière humide, Terre, chemin pierreux

    Cette espèce affectionne les substrats humides, mêlant minéraux (sable grossier, cailloux et terre) et matières organiques en décomposition. Les milieux ouverts avec peu de végétation semblent propices.

    Phénologie - Quand observer cette espèce ?

    Le cycle de vie des collemboles à la surface du sol est variable selon les espèces. Ces données sont basées sur mes observations depuis décembre 2016. Elles sont données à titre indicatif en raison de facteurs variables : météos, climats, régions, et topologies de terrain. Pour en savoir plus, découvrez l’article sur la Phénologie des collemboles de France.
    Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce

    Mon observation par mois de l'espèce

    Jan.

    Fév.

    Mars

    Avr.

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept.

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Note de terrain et conseils photos

    Ce collembole s’observe quasiment toute l’année pour peu que le substrat reste humide. L’espèce se laisse facilement photographier si l’approche se fait en douceur. Comme toujours avec les collemboles, ils sont sensibles aux écarts brusques de lumière et également aux vibrations qu’ils captent avec leurs soies sensitives.

    L’espèce tolère une lumière d’appoint et vu leur taille adulte inférieure au millimètre, il est difficile de les photographier uniquement en lumière naturelle bien que maintenant les appareils photos tolèrent mieux les fortes montées en ISO.

    La première difficulté est de pouvoir trouver l’espèce dans son habitat et avoir le matériel adéquat pour le photographier, c’est-à-dire un objectif qui offre un fort grossissement (minimum 5:1, idéalement 8:1 pour capter tous les détails de sa morphologie).

    Indicateur de rareté

    Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.

    Très commun
    Commun
    Peu commun
    Rare
    Très rare

    Formes, Variétés et Sous-espèces

    Espèces proches

    L’Europe et notamment l’Espagne et le Portugal comptent une seconde espèce du genre : Stenacidia stachi (Jeannenot, 1955), mais aucune illustration ne semble être accessible.

    Si le mâle Stenacidia violacea ne doit pas trop poser de problème à être identifié, il n’en est pas de même pour la femelle. En effet, Sminthurides malmgreni form. principalis et Sminthurides sexoculatus présentent tous deux une coloration très proche orange-rose pour les juvéniles et violet foncé pour les sujets adultes. Quelques points d’observation sont à prendre en compte.

    Collembole Symphypleona Sminthurides sexoculatus femelle

    Sminthurides sexoculatus

    La femelle adulte de Sminthurides sexoculatus se distingue de Stenacidia violacea par une coloration violette plus sombre qui tire vers la couleur lie de vin, des antennes plus fines, 6 ocelles (sexoculatus !) et un mucro pointu (non visible ici) mais qui est important à photographier de façon la plus net possible pour tous les membres de la famille des Sminthurides.
    Sminthurides malmgreni form principalis parade

    Sminthurides malmgreni f. principalis

    La femelle (S. malmgreni f. principalis) est à gauche et le mâle (forme classique) à droite. La coloration et l’habitus sont différents, les ongles ne portent pas de membrane (tunica) et la plaque oculaire compte 8 ocelles

    Découvrir l'espèce en vidéo

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    Crédits & remerciements

    Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.

    Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
    Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org

    Références bibliographiques

    • Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org

    • Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436

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