Jordanathrix (Calvatomina) nr. superba

(Janssens F & Murray A, 2014)

Jordanathrix nr. superba, également nommé Jordanathrix sp. 4, est un collembole globuleux de l’ordre des Symphypleona et de la famille des Dicyrtomidae. L’espèce n’est pas décrite par la science, bien qu’elle soit mentionnée au Royaume-Uni depuis 2008, puis observée de façon de plus en plus fréquente dans le reste de l’Europe de l’Ouest, et notamment en France.

Ce collembole s’identifie facilement sur photo, notamment grâce à sa plaque oculaire bicolore orange et noire, très caractéristique, et au patch sombre triangulaire visible sur la partie postérieure du grand abdomen. Le reste de la coloration est nuancé de jaune, orange, ocre et marron foncé par taches et réticules. Quelques points blancs brillants (accumulation d’acide urique) sont visibles par transparence sous la cuticule. Une ligne médiane plus clair sur l’abdomen se distingue du reste du motif. L’espèce la plus proche est Jordanathrix articulata (espèce méditerranéenne) présentant une cuticule majoritairement translucide et pigmentée de lignes et taches rouges.

Description de l'espèce

Classification

  • Embranchement

    Arthropoda

  • Sous-Embranchement

    Hexapoda

  • Classe

    Collembola

  • Ordre

    Symphypleona

  • Famille

  • Sous-Famille

    Dicyrtominae

  • Genre

Taille moyenne
Entre 1.5 mm
et 2 mm
Habitat
Litière humide, Bois mort (saproxylique), Feuilles mortes (saprophile)
Origine
Europe (?)
Jordanathrix nr superba (sp.4) dans sa livrée sombre typique des mâles
Jordanathrix nr superba (sp.4) dans sa livrée sombre typique des mâles.

Nom scientifique

Jordanathrix nr. superba
Synonyme(s) :
Calvatomina superba Ardron, 2009

Étymologie

L’épithète superba vient du latin superbus, -a, -um = « superbe, magnifique ». Cela fait référence à l’esthétique de l’espèce originale de Nouvelle-Zélande mais « notre spécimen Européen » porte également bien ce nom provisoire.
Jordanathrix sp.4 (nr superba) collembole Symphypleona observé en France
Cette espèce remarquable par son motif et ses yeux bicolores s'observe par temps humide sur le vieux bois et la litière du sol.

Quelques mots sur ce collembole

Jordanathrix sp. 4 (nr. superba) est un nom provisoire pour cette nouvelle espèce de collembole non décrite par la science, et jusque-là inconnue de la faune européenne.

Elle a été initialement observée au Royaume-Uni par Paul Ardron, photographe et naturaliste britannique, puis identifiée comme proche du taxon néo-zélandais Calvatomina superba (photo Collembola.org) par P. Greenslade, éminente experte internationale des collemboles, reconnue pour ses recherches taxonomiques et écologiques sur les micro-arthropodes d’Australie. L’historique de cette découverte est retracé dans un article très intéressant, A wave of alien invaders marches unseen, northwards across Britain!, dont je recommande la lecture.

L’espèce est facilement identifiable grâce à son motif marbré et à ses ocelles bicolores orange et noirs. La coloration est majoritairement jaune et orange, nuancée d’ocre et de marron foncé. La partie postérieure de l’abdomen porte un large patch brun-rougeâtre de forme triangulaire. Certaines parties translucides de la cuticule laissent percevoir des taches blanches (accumulation d’acide urique), ainsi que le contenu de l’intestin moyen, souvent verdâtre chez les individus au stade alimentaire (feeding instar).

Note : chez certains collemboles, la couleur du contenu digestif est visible par transparence sous la cuticule. Dès lors, il peut masquer la coloration propre de l’espèce.

Elle peut être confondue avec l’espèce très proche Jordanathrix articulata. Cette espèce méditerranéenne lui ressemble beaucoup, et quelques stations commencent à être découvertes dans le sud de la France. Sa cuticule est majoritairement translucide, avec quelques pigmentations rougeâtres formant une ligne plus ou moins régulière qui ceinture le grand abdomen. L’espèce est visible en photo sur Collembola.org ou sur iNaturalist.

Morphologie :

Globuleux

Motif :

Multicolor, Marbré

Couleur dominante :

Jaune, Orange

Couleur secondaire :

Marron, ocre
Statut identification
Facile
Cette espèce est souvent identifiable sur photo, mais une vérification sous loupe binoculaire peut-être nécessaire.
Statut de l'espèce
  • L’espèce est inoffensive pour l’être humain
  • Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.

    Détails morphologiques

    Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.

    L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

    Caractéristique de la cuticule

    Lisse

    En savoir plus

    La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

    Aspect des soies

    Longues et épaisses

    En savoir plus

    Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

    Aspect des ocelles

    ocelles bicolor

    En savoir plus

    Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.

    Critères d'identification

    L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.

    Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.

    Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources, à interpréter avec prudence.

    Clé d'identification 1
    Vue latérale montrant le motif typique de cette espèce avec le patch sombre bien contrasté et la plaque oculaire bicolore orange et noir.
    Clé d'identification 2
    Spécimen mâle à la coloration plus sombre. Il peut se confondre plus facilement avec J. articulata
    Clé d'identification 3
    Vue caudale avec le patch sombre en forme de triangle présent chez le mâle comme la femelle
    Clé d'identification 4
    Vue de ce collembole de face (spécimen mâle à la coloration jaune et rougeâtre).

    Dimorphisme chez le mâle et la femelle

    Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut-être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.

    Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.

  • La coloration est variable entre le mâle et la femelle.
  • ,
  • Le mâle présente une papille génitale proéminente sous le petit abdomen tandis que chez la femelle, elle est généralement moins gonflée.
  • Photo d'un mâle
    Photo d'une femelle

    Observation de l'espèce

    Bannière montrant différents écosystèmes des collemboles : des milieux ouverts aux surfaces végétalisées et rocheuses.
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.
    Diversité d' écosystèmes et biotopes propices aux collemboles
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.

    Répartition géographique

    L’espèce a été observée dans de nombreux pays Européen dont le Royaume Uni dès 2008. Elle est également présente en Hollande, Belgique et en France selon mes observations à partir de 2017 et celles de Jessica Joachim (Les carnets nature de Jessica) mais son aire de répartition géographique devrait s’étendre au fil des observations et transmissions de données.

    Note personnelle sur sa localisation

    J’ai observé cette espèce dans différentes régions de France dans l’Ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Nouvelle-Aquitaine).

    Jordanathrix nr superba collembola symphypleona
    Jordanathrix nr superba est un collembole de l'ordre des Symphypleona (corps globuleux) qui s'observe par temps frais et humide sur les supports organiques (vieux bois, feuilles) mortes)

    Ecosystèmes & Substrats

    Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.

    Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.

    Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.

    Ecosystème
    Forêt (sylvicole), Prairie humide (hygrophile), Jardin (anthropisé)
    Substrat de vie
    Litière humide, Bois mort (saproxylique), Feuilles mortes (saprophile)

    Je l’ai principalement observé en forêt de pin mais également dans les jardins. Il affectionne les litières humides, le bois humide en décomposition mais également les vieux supports en bois (bancs, terrasses, palissades) par temps frais et humide ce qui favorise son observation pendant les mois d’automne et d’hiver.

    Le bois humide sur lequel se développe du biofilm (algues, bactéries et champignons) favorisent la présence de ce collembole attirer par la source de nourriture que ça représente comme chez beaucoup de collemboles de cette famille (Dicyrtoma spp. et Dicyrtomina spp.).
    Biotope forestier composé de pins maritimes où l’espèce est très fréquente mais ne représente pas une essence exclusive pour l’observation de ce collembole.

    Phénologie - Quand observer cette espèce ?

    Le cycle de vie des collemboles à la surface du sol est variable selon les espèces. Ces données sont basées sur mes observations depuis décembre 2016. Elles sont données à titre indicatif en raison de facteurs variables : météos, climats, régions, et topologies de terrain. Pour en savoir plus, découvrez l’article sur la Phénologie des collemboles de France.
    Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce

    Mon observation par mois de l'espèce

    Cette espèce se rencontre du début de l’automne au début du printemps en plaine. J’ai eu l’occasion de l’observer début juin après un épisode de fraicheur et de pluie soutenue.

    Jan.

    Fév.

    Mars

    Avr.

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept.

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Note de terrain et conseils photos

    Indicateur de rareté

    Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.

    Très commun
    Commun
    Peu commun
    Rare
    Très rare

    Formes, Variétés et Sous-espèces

    Espèces proches

    Découvrir l'espèce en vidéo

    Partager sur les réseaux

    Crédits & remerciements

    Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.

    Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019.
    Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org

    Références bibliographiques

    • Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org

    • Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436

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