Bourletiella hortensis

(Fitch, 1862)

Bourletiella hortensis est un collembole globuleux de l’ordre des Symphypleona et de la famille des Bourletiellidae, assez commun dans les pelouses, prairies et chemins. Reconnaissable à sa silhouette arrondie et à sa coloration marron à tête jaune, il mesure entre 0,7 et 1,3 mm. On peut l’observer sur le substrat ou dans les herbes aussi bien en plaine qu’en montagne.

Description de l'espèce

Classification

  • Embranchement

    Arthropoda

  • Sous-Embranchement

    Hexapoda

  • Classe

    Collembola

  • Ordre

    Symphypleona

  • Famille

  • Sous-Famille

    Bourletiellinae

  • Genre

Taille moyenne
Entre 0.7 mm
et 1.3 mm
Habitat
Litière sèche, Litière humide, Plantes terrestres, Terre, Rocaille
Origine
Europe

Nom scientifique

Bourletiella hortensis
Synonyme(s) :
Smynthurus hortensis Fitch, 1863

Nom vernaculaire

  • Collembole des jardins
  • Garden springtail (Anglais)

Étymologie

Le nom d’espèce hortensis est issu du latin hortus (jardin, potager), signifiant littéralement « du jardin » ou « qui vit dans les jardins ».
Photos assemblées de deux Bourletiella hortensis adulte
Assemblage de deux Bourletiella hortensis (femelles adultes) réunies sur la même feuille

Quelques mots sur ce collembole

Bourletiella hortensis présente un corps globuleux et trapu caractéristique des Symphypleona, avec un grand abdomen très rebondi.

Les adultes atteignent entre 0,7 et 0,85 mm chez le mâle et entre 0,75 et 1,3 mm chez la femelle, ce qui en fait l’une des plus grandes espèces du genre Bourletiella en Europe avec B. viridescens.

La coloration est bleu violacée, généralement plus claire sur la face dorsale, avec des teintes ocres et verdâtre.

La zone dorsale de la tête est orangée, les plaques oculaires sont noires et comptent chacune 8 ocelles. Les segments antennaires sont brun-violet, les pattes et la furca sont violettes.

Les Trichobothria A, B et C du grand abdomen sont disposées en motif linéaire et généralement un S plus clair se distingue, caractéristique souvent mise en avant pour l’espèce mais qui définit plus largement les membres de la famille des Bourletiellidae. On l’observe également chez certains Cassagnaudiella et chez certains Deuterosminthurus.

Morphologie :

Globuleux

Motif :

Unicolor, Bicolor

Couleur dominante :

Marron, Beige

Couleur secondaire :

orange
Statut identification
Assez facile
Cette espèce est souvent identifiable sur photo, mais une vérification sous loupe binoculaire peut-être nécessaire.
Statut de l'espèce
  • L’espèce est inoffensive pour l’être humain
  • Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.

    Détails morphologiques

    Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.

    L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

    Caractéristique de la cuticule

    Lisse

    En savoir plus

    La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

    Aspect des soies

    Fines et courtes

    En savoir plus

    Les soies sont des filaments composés de chitine. Leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie. Certaines soies sont sensitives.

    Aspect des ocelles

    ocelles noires

    En savoir plus

    Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères importants dans leur identification.

    Critères d'identification

    L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.

    Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.

    Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.

    L’identification sur photographie est possible par la combinaison de la coloration bleu foncé et de marquages ocres, la furcula violette et la taille relativement importante pour le genre mais il y a tout de même des sujets très variables qui posent question. Le genre Bourletiella comptent d’autres espèces pas ou peu illustrées et relativement proche visuellement : Bourletiella viridescens, Bourletiella pistellum et Bourletiella radula.

    Habitus mâle
    Le mâle est reconnaissable à son petit abdomen (abd. 6) retroussé vers le haut avec à son extrémité des soies modifiées (crochets). Cela permet de séparer le genre Bourletiella de Cassagnaudiella
    Vue latérale
    Vue latérale d'une femelle avec coloration typique violacée et tâches ocres.
    Vue caudale
    Vue caudale de l'habitus (couleur violacée) tête ocre chez le collembole Bourletiella hortensis
    Vue latérale
    Vue sur la furca violacée et le mucro (simple) blanc

    Dimorphisme chez le mâle et la femelle

    Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.

    Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.

  • Le mâle présente une papille génitale proéminente sous le petit abdomen tandis que chez la femelle, elle est généralement moins gonflée.
  • ,
  • L’espèce présente une taille différente entre les deux sexes.
  • ,
  • L’espèce présente des soies spécifiques, caractères sexuels secondaire qui permettent parfois l’identification.
  • Photo d'un mâle

    Le mâle de Bourletiella hortensis est caractérisé par une couleur bleu sombre, généralement plus claire sur le dos, avec un mélange d’ochre et de vert. On identifie facilement la papille génitale du mâle sous l’abdomen 6 lui même plus allongé et légèrement retroussé. Des soies spécifiques sont parfois visibles sur l’abdomen 6.

    Photo d'une femelle

    La femelle est un peu plus grande et son abdomen est davantage rebondie. L’abdomen 6 est également plus court et rond.

    Observation de l'espèce

    Bannière montrant différents écosystèmes des collemboles : des milieux ouverts aux surfaces végétalisées et rocheuses.
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.
    Diversité d' écosystèmes et biotopes propices aux collemboles
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.

    Répartition géographique

    Bourletiella hortensis présente une répartition holarctique native centrée sur l’Europe, où elle est commune de la péninsule Ibérique aux pays nordiques, y compris les îles Britanniques, l’Islande et les îles Féroé.

    La présence de ce collembole est confirmée sur l’ensemble du territoire métropolitain français par l’INPN. À la faveur des échanges horticoles et commerciaux mondiaux, il est probable qu’elle ait été introduite en Amérique du Nord, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse.

    L’espèce semble s’être installée durablement dans plusieurs pays éloignées de son aire géographique d’origine ce qui pourrait en faire l’une des espèces de collemboles les plus largement distribuées à l’échelle mondiale (peut-être à mettre en concurrence avec Sminthurus viridis !).

    J’ai eu l’occasion d’observer cette espèce dans plusieurs régions de France en plaine ou en montagne. L’espèce occupe généralement le substrat et il n’est pas rare de l’observer en groupe de plusieurs dizaines d’individus sur les pierres et galets des bords de chemin ou sur la végétation rampante.

    regroupement typique de Bourletiella hortensis sur une pierre au soleil
    Cette photo illustre les conditions de prises de vue d'un groupe de Bourletiella hortensis photographié sur une pierre au soleil dans les Alpes.

    Ecosystèmes & Substrats

    Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.

    Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.

    Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.

    Ecosystème
    Prairie humide, Zone rocailleuse
    Substrat de vie
    Litière sèche, Litière humide, Plantes terrestres, Terre, Rocaille

    L’espèce fréquente les milieux ouverts à la surface du substrat, sur les rochers et galets mais également sur le feuillage de l’herbe et de la végétation rampante.

    Habitat type de Bourletiella hortensis en montagne mêlant végétation et roches

    Phénologie - Quand observer cette espèce ?

    Le cycle de vie des collemboles à la surface du sol est variable selon les espèces. Ces données sont basées sur mes observations depuis décembre 2016. Elles sont données à titre indicatif en raison de facteurs variables : météos, climats, régions, et topologies de terrain. Pour en savoir plus, découvrez l’article sur la Phénologie des collemboles de France.
    Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce

    Mon observation par mois de l'espèce

    Jan.

    Fév.

    Mars

    Avr.

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept.

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Note de terrain et conseils photos

    L’espèce est relativement simple à photographier parmi les collemboles de France. Elle s’observe souvent en colonie, ce qui laisse le choix des sujets. Les femelles sont généralement assez calmes, tandis que les mâles peuvent se montrer plus vifs. Je l’observe le plus souvent en milieux ouverts, en bord de chemin, dans des secteurs où une végétation clairsemée se mêle à des pierres ou à des galets. L’espèce s’observe aussi sur le sol directement y compris en zone ensoleillée.

    Indicateur de rareté

    Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.

    Très commun
    Commun
    Peu commun
    Rare
    Très rare

    Formes, Variétés et Sous-espèces

    Espèces proches

    Plusieurs espèces sont potentiellement confondues avec Bourletiella hortensis. Il est nécessaire de multiplier les prises de vues détaillées et idéalement d’obtenir des images de mâles et femelles en axant des photos détaillées du petit abdomen 5 et 6.

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    Références bibliographiques

    • Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org

    • Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436

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