Caprainea marginata f. cinerea

(Schött, H, 1893)

Caprainea marginata f. cinerea est un collembole de l’ordre des Symphypleona et de la famille des Sminthuridae. L’espèce est commune en Europe et sur le pourtour méditerranéen. Elle s’observe en France continentale dans la litière des milieux forestiers, notamment à l’automne. Sa coloration est caractéristique : tête claire (jaune à brune), abdomen fortement rebondi, noir ébène, brillant et les soies sont épaisses et jaune dorées.

Description de l'espèce

Classification

  • Embranchement

    Arthropoda

  • Sous-Embranchement

    Hexapoda

  • Classe

    Collembola

  • Ordre

    Symphypleona

  • Famille

  • Sous-Famille

    Sminthurinae

  • Genre

Taille moyenne
Entre 0.6 mm
et 1 mm
Habitat
Litière humide, Bois mort
Origine
Europe, Méditerranée, Asie Occidentale
Caprainea marginata cinerea et son motif à tête jaune et abdomen globuleux noir ébène brillant
La couleur de ce collembole est très marquée entre la tête jaune et le grand abdomen fortement rebondi noir ébène et brillant

Nom scientifique

Caprainea marginata f. cinerea
Synonyme(s) :
Sminthurus marginatus var. cinereus Stach, J, 1956

Quelques mots sur ce collembole

Cette forme sombre de Caprainea marginata, nommée cinerea, contraste fortement avec la forme typique de l’espèce, intégralement rose, que vous pouvez découvrir sur sa propre fiche. Une telle variation de couleur est assez déroutante et complique parfois l’identification sur simple photo si l’on ne connaît pas les différentes formes existantes.

L’espèce dans cette forme de couleur sombre peut être confondue avec Allacma gallica et Allacma fusca. Ils s’en distinguent pour le premier par une petite ligne transversale foncée au milieu de la joue, et pour le second par sa coloration uniforme (tête et abdomen) ainsi que par sa grande taille (3,5 mm contre 1,4 mm pour Caprainea marginata).

Pour identifier l’espèce avec plus de certitude, essayez de photographier le collembole en vue dorsale et caudale. L’abdomen est fortement rebondi et brillant avec des soies dorées courtes mais épaisses. Le quatrième segment des antennes (ant. 4) est violet avec des soies épaisses également.

Morphologie :

Globuleux

Motif :

Bicolor

Couleur dominante :

Noir

Couleur secondaire :

Jaune
Statut identification
Facile
Cette espèce est souvent identifiable sur photo, mais une vérification sous loupe binoculaire peut-être nécessaire.
Statut de l'espèce
  • L’espèce est inoffensive pour l’être humain
  • Avertissement : Cette information est donnée à titre indicatif. Les collemboles ne sont pas connus comme des allergènes majeurs pour l’être humain, contrairement aux acariens. En cas de symptômes en milieu naturel humide ou non, d’autres causes comme les acariens, les aoûtats, les moisissures ou la poussière peuvent-être la source. En cas de doute, évitez la manipulation et consultez votre médecin.

    Détails morphologiques

    Ces visuels génériques illustrent trois caractères morphologiques essentiels pour une première approche de l’identification des collemboles.

    L’aspect de la cuticule, des soies et des ocelles varie selon les espèces. Ces critères peuvent être utilisés dans les éléments de filtre du guide d’identification.

    Caractéristique de la cuticule

    Lisse

    En savoir plus

    La cuticule est la fine enveloppe externe qui protège les organes du collemboles. Elle est composée de chitine. Son aspect varie selon les espèces. Pour certaines, la cuticule est lisse, boursouflée ou recouverte d’écailles. Elle est plus ou moins épaisses et présente des facultés hydrophobes.

    Aspect des soies

    Épaisses et courtes

    En savoir plus

    Les soies sont des filaments composées de chitine. leur disposition sur la cuticule contribue à l’identification des collemboles. Le terme souvent employé est la chaetotaxie.

    Aspect des ocelles

    C et D plus petites, ocelles noires

    En savoir plus

    Les ocelles (nom masculin) représentent la zone regroupant les ocelli (oeil) des collemboles. Leur taille, disposition et nombre (généralement 8) sont des critères important dans leur identification.

    Critères d'identification

    L’identification sur photo de ces petits arthropodes du sol n’est pas toujours fiable, car certaines espèces sont très proches morphologiquement et écologiquement, et la qualité de l’image peut masquer des caractères déterminants.

    Pour maximiser les chances d’identification, privilégiez des vues dorsale, latérale et caudale, en veillant à obtenir les segments antennaires le plus nettement possible.

    Ci-dessous, voici quelques clés d’identification et points morphologiques à vérifier, recueillis au fil de mes observations ou transmis par d’autres sources. Ils restent cependant à interpréter avec prudence.

    Vue dorsale
    Motif dorsal typique de cette espèce avec structure des antennes et les longues soies sur le segment ant. 3
    Vue latérale
    Profil latéral détaillant la morphologie et le motif bicolor jaune et noir de ce collembole
    Vue des segments antennaires
    Détails du segment de l'antenne (ant. 4) subdivisés et avec une coloration typique violette.
    Vue organe reproducteur
    Détail distinctif du mâle avec l'apparence de la papille génitale.

    Dimorphisme chez le mâle et la femelle

    Chez certaines espèces de collemboles, un dimorphisme sexuel peut être observable sur photographie, mais la distinction entre mâle et femelle nécessite parfois un examen sous loupe binoculaire.

    Les critères permettant cette différenciation ne sont pas toujours connus et peuvent évoluer au gré des observations des scientifiques et des naturalistes.

  • La coloration est variable entre le mâle et la femelle.
  • ,
  • Le mâle présente une papille génitale proéminente sous le petit abdomen tandis que chez la femelle, elle est généralement moins gonflée.
  • Photo d'un mâle

    Le mâle est reconnaissable ici avec la présence de la papille génitale proéminente. Il semblerait que le mâle présente une coloration plus uniforme avec une tête sombre mais cette observation doit-être pris avec prudence..

    Photo d'une femelle

    Les caractères distinctifs de la femelle ne sont pas parfaitement visible ici. Cette identification est donc à prendre avec précaution. La photo montre simplement, à taille égale, une variation de couleur de la tête et l’absence de papilles génitales aussi marqué que pour le mâle présenté ci-dessus.

    Observation de l'espèce

    Bannière montrant différents écosystèmes des collemboles : des milieux ouverts aux surfaces végétalisées et rocheuses.
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.
    Diversité d' écosystèmes et biotopes propices aux collemboles
    Les collemboles occupent une grande diversité de niches écologiques, dans des écosystèmes et biotopes très variés.

    Répartition géographique

    L’espèce est largement répartie en Europe et sur le pourtour méditerranéen, et s’étend jusqu’à l’Ouest de l’Asie.

    Note personnelle sur sa localisation

    Ce collembole est assez facile à rencontrer malgré sa petite taille. Mes observations ont eu lieu dans plusieurs régions dont les Pays-de-la-Loire, la Nouvelle Aquitaine et les Pyrénées-Orientales.

    J’observe facilement cette forme sombre cinerea  à la surface de la litière du sol en forêt et plus souvent dans les forêts de pin maritime sur le littoral vendéen. Il se confond beaucoup avec les micro escargots et aussi un acarien noir à la morphologie globulaire et également à la cuticule brillante. La forme principal (rose) de Caprainea marginata préfère selon mes observations les forêts de feuillus.

    Ecosystèmes & Substrats

    Les collemboles sont abondants dans les premiers centimètres du sol, la litière et la végétation basse, où ils jouent un rôle essentiel en consommant algues et bactéries, contribuant ainsi à l’équilibre des sols.

    Ils se rencontrent dans presque tous les biotopes : forêts, jardins, prairies, rochers, milieux aquatiques et même milieux extrêmes.

    Chaque espèce présente des préférences écologiques spécifiques quant au substrat, à l’humidité et à la végétation associée.

    Ecosystème
    Forêt, Jardin
    Substrat de vie
    Litière humide, Bois mort

    La forme sombre semble être plus facile à trouver dans les forêts de conifères où l’espèce s’observe à la surface des aiguilles de pins tombées au sol ou sur les vieilles souches.

    Phénologie - Quand observer cette espèce ?

    Le cycle de vie des collemboles à la surface du sol est variable selon les espèces. Ces données sont basées sur mes observations depuis décembre 2016. Elles sont données à titre indicatif en raison de facteurs variables : météos, climats, régions, et topologies de terrain. Pour en savoir plus, découvrez l’article sur la Phénologie des collemboles de France.
    Saison(s) propice(s) pour l'observation de l'espèce

    Mon observation par mois de l'espèce

    Jan.

    Fév.

    Mars

    Avr.

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept.

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Note de terrain et conseils photos

    Le collembole Caprainea marginata form. cinerea est relativement facile à photographier. En effet, il reste calme et se laisse approcher sans difficulté. Il est en revanche assez sensible aux écarts de lumière marqués, c’est pourquoi je recommande d’approcher votre source de lumière secondaire en douceur si vous en utilisez une. La plus grande difficulté pour photographier ce collembole, outre sa petite taille, reste l’aspect luisant de son abdomen, qui capte et restitue tous les reflets disgracieux. Le milieu forestier étant généralement sombre, un complément de lumière est souvent nécessaire : il est alors important de la diffuser au maximum pour atténuer ces reflets dans la mesure du possible.

    Indicateur de rareté

    Cette information est uniquement basée sur mes propres observations et peut varier d’un lieu à un autre et du temps de recherche consacré dans un biotope en particulier. De nombreux facteurs peuvent rentrer en compte.

    Très commun
    Commun
    Peu commun
    Rare
    Très rare

    Formes, Variétés et Sous-espèces

    La forme Caprainea marginata principale présente une coloration rose-rougeâtre très différente. Les deux formes peuvent être rencontrées dans le même environnement.

    Caprainea marginata f. echinata est en revanche bien plus proche dans sa forme sombre et peut s’observer également avec la forme cinerea.

    La forme principale de l’espèce présente une coloration rose et des soies blanchâtres, ce qui la rend très différente de la forme cinerea.
    Le motif dorso-latéral montre des taches et rayures plus ou moins marquées. Ici il s’agit d’une variété sombre de echinata mais je vous invite à consulter la fiche de l’espèce et suivre les liens vers les photos types ou d’aller directement sur Collembola.org pour voir l’habitus typique d’echinata dans sa variabilité claire.

    Espèces proches

    Il y a deux espèces dont l’aspect général est proche et peut créer de la confusion sur les identifications.

    Allacma gallica est celui qui présente le plus de similitudes. Toutefois l’espèce est nettement plus grande et la bande transversale sombre au milieu de la joue est un critère permettant la séparation des deux espèces.

    Allacma fusca, peut créer des doutes sur la séparation des deux espèces surtout pour les juvéniles mais leur coloration est plus uniforme, brun-marron entre la tête et l’abdomen. Les adultes atteignent 2,5 à 3,5 mm et l’abdomen est plus allongé.

    Cette espèce est plus grande et la bande transversale sombre au niveau de la joue permet de les séparer facilement
    Cette espèce est deux fois plus grande (taille 2,5 à 3,5 mm) et présente une coloration brun uniforme.

    Découvrir l'espèce en vidéo

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    Crédits & remerciements

    Je remercie Frans Janssens Biologiste de l’Université d’Anvers pour son expertise et pour toutes les informations partagées à travers différents médias, permettant ainsi de contribuer à la réalisation de cette fiche informative.

    Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2024.
    Checklist of the Collembola of the World. http://www.collembola.org

    Références bibliographiques

    • Checklist of the Collembola of the World. Bellinger, P.F., Christiansen, K.A. & Janssens, F. 1996-2019. http://www.collembola.org

    • Catalogue des collemboles de France J-M. Thibaud Zoosystema Vol. 39, Issue 3 (Sep 2017), pg(s) 297-436

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